A la rencontre d'initiatives éco-responsables, solidaires, fertiles et épanouissantes
Puisque nous sommes allés dans quelques-uns, on a eu l'occasion de se poser la question et de voir ce qu'il peut en être : qu'est-ce que les collectifs paysans autogérés font ou peuvent faire en matière de pédagogie citoyenne, d'information, d'éducation populaire ?
Étant fondamentalement ouverts à tous, ils peuvent être un lieu d'apprentissage, de partage mutuel des savoirs.
C'est le cas de la Clémenterie.
La Clémenterie a déjà accueilli des colos), notamment des jeunes placés en foyer. Pour ces jeunes qui ont souvent exclusivement grandi en ville, c'est l'occasion de développer une conscience écologique, et d'approcher la nature, les éléments, la vie animale et végétale. Ça leur permet aussi de connaître et comprendre l'agriculture - les agricultures – et le cycle alimentaire. Comme les habitants de la Clémenterie le disent, ils « cherch[ent] à initier les plus jeunes à l'autosubsistance alimentaire et à la beauté du règne végétal et animal, voire minéral. ». Dans l'avenir, l'expérience ne manquera pas d'être renouvelée ! ;-)
A la Clém', il y a un endroit dédié à l'apprentissage, la pédagogie et l'expérimentation : les jardins de la carotte ébouriffée, où ont déjà pu s'enrichir petits et grands, puisqu'il s'agit de jardin partagés (voir l'article pour savoir à quoi et comment peut éduquer un jardin partagé, et tout l'échange qu'il peut y avoir autour)
En plus de ça, comme dans la plupart des fermes autogérées, les habitants de la clem' laissent la porte ouverte aux oiseaux de passage (qui n'atterrissent bien sûr pas au beau milieu des montagnes par hasard). La Clémenterie figure d'ailleurs sur la liste de woofing de france, un bon moyen d'échanger (dans le sens s'entre-apprendre et réfléchir ensemble).
Et comme je l'ai dit, la Clem' est loin d'être la seule ferme autogérée à être ainsi ouverte aux curieux et à l'échange humain : pour exemple, nous sommes allés à Bunte Kuh, un collectif paysan d’Allemagne (près de Chemnitz). En plus d'accueillir des woofeurs (comme nous) et des stagiaires, quelques habitant-e-s organisent des ''visites guidées'' le week-end. Rameutés à coup de bouche à oreille, d'articles de presse locale, de panneaux sur la route (très proche et fréquentée) et que sais-je encore, les curieux peuvent visiter les lieux, prendre une tasse de café (moulu avec le même vieux petit moulin à la main qu'il y a 60 ans, parole de vieil allemand!) et discuter des valeurs, des intentions et du fonctionnement du collectif paysan.
Autant de façons de communiquer leurs idéaux et de présenter aux curieux la vie en collectif, l'agriculture bio, ou encore quelques pratiques de permaculture et de biodynamie.
Au cours de nos pérégrinations, nous avons aussi eu l'occasion d'assister à une projection sur le centre agroécologique mexicain Tsomanotik (cf article en question). Si le centre ne fonctionne pas tout à fait en autogestion, l'organisation n'est pas non plus très pyramidale, mais c'est surtout ses pratiques éducatives proches de celles déjà évoquées qui nous intéressent (extraits de l'article sur le centre): « Le centre Tsomanotik tente d'enrichir la région en formant les gens à l'agroécologie, en éduquant les enfants des environs et au-delà, et en fournissant un bel exemple de vie en communauté. » « la structure entend transmettre les valeurs de soutenabilité (développement durable sans l'aspect économique), citoyenneté, vie en communauté. » (...) « quels différents milieux composent le tissu social, leur place dans la société, ce qu'ils peuvent faire ... »
« Des membres de Tsomanotik, dont les 2 volontaires qui présentent leur séjour, interviennent auprès d'une des classes du village pendant 55 min chaque semaine (9 groupes au total). Cela était trop peu, les membres de Tsomanotik ont donc entrepris l'aménagement d'un nouvel espace dédié aux activités éducatives avec les enfants, ce qui leur permet d'accueillir sur le lieu les enfants d'un foyers de jeunes garçons. Outre cette interaction avec les enfants et jeunes du coin, Tsomanotik propose également des séjours (payants) aux autres écoles du pays, de la primaire aux études supérieures. Entre autres, ils reçoivent régulièrement des groupes d'étudiants, venant parfois d'écoles réputées d'un peu partout dans le monde. Pour exemple, les deux jeunes volontaires racontent une fois où ils ont accueilli un groupe d'étudiants canadiens, et ont choisi d'aborder avec eux la question de la soutenabilité et de l'exploitation des populations par les entreprises. Plus précisément, il était question d'un complexe minier du Chiapas détenu par une multinationale canadienne. Par la suite, nos deux volontaires ont appris qu'une des étudiantes était la fille du patron de cette multinationale. Ils n'ont malheureusement pas su ce qu'elle avait pensé de sa visite à Tsomanotik. »